La réforme du label RGE, fixée par l'arrêté du 23 juin 2026 (publié au Journal officiel le 26 juin 2026), ouvre une nouvelle voie d'accès à la qualification : la valorisation des acquis de l'expérience, souvent appelée « VAE RGE ». L'idée est de permettre à des entreprises expérimentées de faire reconnaître leur savoir-faire, sous conditions de profil et de références de chantier. Elle ne dispense pas systématiquement de formation : pour le solaire thermique, le bois et les pompes à chaleur, le texte attend toujours le suivi et la validation d'une formation. Attention au calendrier, car la réforme s'applique en deux temps : le volet contrôles, lui, est entré en vigueur dès la fin juillet 2026, tandis que la voie par l'expérience et l'« attestation chantier » dérogatoire n'ouvriront qu'au 1er mars 2027. Toutes les entreprises ne sont pas éligibles à la VAE : cette page détaille les conditions posées par le texte et les échéances réelles.

Publié le 30 juin 2026, mis à jour le 25 septembre 2026.

La réforme RGE 2026 en bref

L'arrêté du 23 juin 2026, publié au Journal officiel le 26 juin 2026 (NOR VLOL2524331A), modifie les critères de qualification RGE. Il poursuit un objectif affiché par les pouvoirs publics : élargir l'accès au label pour massifier la rénovation énergétique des logements. Trois changements ressortent : une voie d'accès par l'expérience (VAE), une « attestation chantier » dérogatoire, et un cadre renforcé pour les audits de réalisation.

Point de calendrier essentiel, et souvent mal compris : la réforme n'entre pas en vigueur d'un seul bloc. L'article 5 de l'arrêté fixe deux échéances distinctes.

  • Un mois après la publication, soit fin juillet 2026 : l'article 3, c'est-à-dire les évolutions du référentiel RGE. Prise en compte de la sinistralité, évolution des contrôles, audits déclenchés plus tôt en cas de non-conformité. Ces dispositions s'appliquent déjà.
  • Au 1er mars 2027 : les articles 2 et 4, qui portent la voie par l'expérience, le régime d'attestation chantier et la clause à insérer dans les devis et contrats permettant à l'organisme de qualification de contacter directement le client pour organiser un contrôle de réalisation.

Autrement dit, si vous êtes déjà qualifié, le volet contrôle vous concerne dès maintenant, même si la VAE, elle, n'est pas encore ouverte. D'ici mars 2027, le parcours classique reste la seule voie d'accès : c'est ce que détaille notre guide comment devenir RGE.

La VAE : accéder au RGE par l'expérience

La valorisation des acquis de l'expérience, applicable au 1er mars 2027, permet à une entreprise de viser le label en faisant reconnaître un savoir-faire réel. Deux exigences ressortent du texte :

  • Un profil expérimenté dans le domaine de qualification demandé. La durée d'expérience attendue varie selon le diplôme : à titre indicatif, 7 ans pour un autodidacte, 4 ans avec un CAP/BEP, 3 ans avec un bac/BP, 2 ans avec un BTS/DUT, 1 an pour un niveau ingénieur.
  • Des références de chantier, selon deux cas qu'il ne faut pas confondre. Si l'entreprise demande une catégorie de travaux qu'elle n'a jamais détenue, il lui faut trois attestations de conformité issues de chantiers réalisés sous le régime simplifié. Si elle redemande une catégorie qu'elle détenait auparavant, trois références de chantier documentées suffisent. Ce n'est donc pas un choix libre entre deux options équivalentes.

La VAE ne dispense pas systématiquement de formation. Les exigences dépendent du domaine de qualification. Pour les catégories d'installations utilisant une énergie renouvelable visées par le texte (équipements solaires thermiques, appareils de chauffage au bois, pompes à chaleur), l'arrêté précise qu'il est également attendu le suivi et la validation d'une formation. Dans ces domaines, l'expérience s'ajoute à la formation, elle ne la remplace pas.

Autrement dit, la VAE ne « supprime » pas l'exigence de compétence : elle permet de la faire reconnaître en partie par l'expérience. Reste à vérifier que votre profil et vos chantiers correspondent au domaine RGE visé. C'est souvent là que se joue le bon choix de dossier de qualification.

L'attestation chantier

La réforme pérennise un régime d'« attestation chantier » : une entreprise non titulaire du RGE peut réaliser un chantier aidé via une procédure simplifiée. Ce régime est étroitement encadré. L'attestation est valable un an à compter de sa délivrance et pour ce seul chantier : elle ne couvre pas une activité, elle couvre une opération. La sous-traitance est exclue, et un contrôle de réalisation doit intervenir dans un délai maximal de trois mois après la notification de fin de chantier, pas trois mois après la fin des travaux elle-même. La tolérance est nulle sur les non-conformités majeures.

Des audits de réalisation renforcés

L'élargissement de l'accès s'accompagne d'un contrôle qualité accru. Les obligations d'audit diffèrent selon le volume d'activité : un cadre pour les entreprises réalisant au moins dix chantiers aidés par an, un autre, allégé, pour celles qui en réalisent moins. Dans tous les cas, des non-conformités majeures constatées peuvent conduire à un retrait de la qualification. La logique reste la même qu'aujourd'hui : la qualification se mérite et se maintient dans le temps.

VAE ou formation : laquelle pour vous ?

La VAE est une bonne nouvelle pour les entreprises très expérimentées qui cochent les conditions. Mais elle ne concerne pas tout le monde : si vous débutez sur un domaine, si vous changez d'activité, si vous manquez de références documentées, ou si vous visez une qualification où vous avez peu d'historique, la formation reste la voie la plus sûre, et parfois la seule réaliste. Beaucoup d'artisans auront aussi intérêt à se former pour sécuriser leurs chantiers face à des audits plus stricts.

Le bon réflexe : partir de votre métier, de votre niveau d'expérience et du domaine visé, puis comparer la voie VAE et la voie formation. Les sections ci-dessus détaillent ce que chaque voie suppose réellement.

Aller plus loin

Source : arrêté du 23 juin 2026 (Journal officiel du 26 juin 2026, NOR VLOL2524331A) modifiant l'arrêté du 1er décembre 2015. Les modalités pratiques (grilles d'audit, procédures) sont précisées par le service public de la rénovation énergétique. Cette page est informative et ne se substitue pas au texte officiel.

Vous vous demandez…

Questions fréquentes

Au 1er mars 2027 pour la VAE elle-même (articles 2 et 4 de l'arrêté du 23 juin 2026), en même temps que l'attestation chantier. Mais la réforme s'applique en deux temps : les évolutions du référentiel RGE, dont la prise en compte de la sinistralité et le déclenchement plus précoce des audits, sont entrées en vigueur un mois après la publication, soit dès la fin juillet 2026. Avant mars 2027, les modalités habituelles restent la seule voie d'accès à la qualification.

L'entreprise doit disposer d'au moins un profil expérimenté dans le domaine visé, avec une durée d'expérience qui varie selon le diplôme, et justifier de références de chantier. Attention sur ce second point : trois attestations de conformité sont exigées pour une catégorie de travaux jamais détenue, alors que trois références de chantier documentées suffisent pour une catégorie déjà détenue auparavant. Les modalités précises sont fixées par l'arrêté et ses annexes.

La durée dépend du niveau de diplôme : à titre indicatif, 7 ans pour un autodidacte, 4 ans avec un CAP/BEP, 3 ans avec un bac/BP, 2 ans avec un BTS/DUT et 1 an pour un niveau ingénieur. Il faut s'appuyer sur le texte officiel pour le détail.

Non, pas systématiquement. Les exigences dépendent du domaine de qualification. Pour les installations utilisant une énergie renouvelable visées par l'arrêté (solaire thermique, chauffage au bois, pompes à chaleur), le suivi et la validation d'une formation restent attendus, même par la voie de l'expérience. Pour les autres domaines, une formation peut rester nécessaire ou simplement plus sûre selon votre profil.

C'est un régime dérogatoire créé par la réforme : il permet à une entreprise non titulaire du RGE de réaliser un chantier aidé via une procédure simplifiée, sans sous-traitance. Sa portée est volontairement étroite : l'attestation vaut un an à compter de sa délivrance et pour ce seul chantier, et un contrôle de réalisation doit intervenir dans les trois mois suivant la notification de fin de chantier.

Oui. La réforme encadre les audits de réalisation, avec des seuils différents selon que l'entreprise réalise moins ou plus de dix chantiers aidés par an. Des non-conformités majeures peuvent entraîner un retrait de la qualification.